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samedi 12 avril 2014

La semaine économique vue par Philippe Crevel


La semaine économique est réalisée par Philippe Crevel et n'engage que l'auteur


Le coin des Epargnants

Mauvaise semaine pour les actionnaires avec un recul de la bourse de Paris. A 4365 points, le CAC 40 en retraite de 2,65 %. Depuis le début du mois, la hausse n’est plus que de 0,37 %. Depuis le 1er janvier, le CAC 40 a gagné 1,63 %.

La bourse de Paris a pâti de la chute du Nasdaq aux Etats-Unis. Les investisseurs révisent leurs jugements sur les valeurs de la netéconomie qui connaissaient depuis plus d’un an des trajectoires proches de celles qui étaient enregistrées durant la première bulle Internet.

Retour en grâce de la Grèce

La Grèce est de retour sur les marchés financiers. Le pays a émis pour 3 milliards d’euros d’obligations souveraines à 5 ans, titres portant un coupon de 4,95% ce qui compte tenu de son niveau de croissance est très élevé. Néanmoins, cette émission apparait comme une victoire pour un pays qui était sorti du marché il y a 4 ans. A l’époque, le taux avait dépassé 6 %. Entre temps, le PIB du pays a été amputé de 25 %. La Grèce espère sortir réellement de la récession en 2014. Le retour sur le marché marque l’intérêt des investisseurs pour les dettes périphériques ; ils sont convaincus que la solidarité européenne a été renforcée suffisamment pour prendre le risque de prêter à un Etat encore très fragile. Il ne faut pas négliger le fait que la dette publique grecque dépasse 175 % du PIB.

La guerre des taux n’est pas engagée

La FED ne devrait pas relever ses taux avant la fin de l’année 2015 d quoi calmer les anticipations et apaiser les pays émergents qui craignaient une fuite de capitaux.  En zone euro, l’inflation ne redécolle toujours pas ce qui conduit de plus en plus d’experts de faire pression sur la BCE afin qu’elle intervienne. Pour le moment, la BCE plie mais ne rompt pas en admettant qu’elle suit la situation de près tout en maintenant sa politique monétaire prudente.

La guerre de mouvement en France et en Italie est lancée

Concomitamment en France et en Italie, les gouvernements respectifs ont décidé de briser quelques tabous et de miser sur la guerre de mouvement pour enrayer tout à la fois une spirale de déclin et une crise politique plus ou moins larvée.

De ce côté des Alpes, un nouveau Premier Ministre né dans les années 60 ; de l’autre côté des Alpes, un nouveau Président du Conseil né au milieu des années soixante-dix, la rupture est nette dans les discours. Il faudra voir la traduction dans les actes.

Pour la France, Manuel Valls confirme le tournant en faveur de la politique d’offre qui avait été annoncée par le Président de la République fin décembre et au mois de janvier.

Le nouveau Gouvernement fait le pari de la baisse des charges et de celui du retour si attendu de la croissance. Si le programme de Manuel Valls est appliqué, la France dans 3 ans aura une autre allure que celle d’aujourd’hui : moins de régions, des départements mangés par le bas, les agglomérations de communes et par le haut avec les grandes régions, des collectivités locales devant chercher des ressources par elles-mêmes, des hôpitaux obligés de se repenser pour dégager des économies, des prestations sociales ciblées sur les publics en réelle difficulté… A un moment donné, le programme suppose le retour de la croissance pour donner de l’oxygène. Cette croissance est indispensable car les mesures annoncées ne sont pas toutes financées en l’état actuel.

Le programme du Premier Ministre Valls

2014 : 12 milliards d’euros pour le  CICE

Été 2014 : collectif budgétaire avec recalage du déficit
Loi sur la transition énergétique ; 2ème loi de décentralisation (avec la suppression de la clause de compétence générale)

50 mesures de simplification de règles et de normes existantes en faveur du logement

1er janvier 2015 : 4,5 milliards d’allègement des cotisations patronales à l’URSSAF entre 1 et 1,6 SMIC (zéro charges au niveau du SMIC soit un gain de 188 euros par mois) ; allègement des cotisations salariales entre 1 et 1,3 SMIC

2015 : baisse de plus de 3 points des cotisations famille des travailleurs indépendants et artisans (1 milliard d’euros)

Le CICE est porté à 20 milliards d’euros

A partir de 2015 : suppression, en 3 ans de la Contribution Sociale de Solidarité des Sociétés (gain de  5,5 milliards d’euros dont 1 milliard au titre de 2015)

Au 1er janvier 2016 : baisse de 1,8 point des cotisations famille pour tous les salaires jusque 3,5 SMIC soit un gain de 4,5 milliards d’euros

2016 : suppression de la surtaxe de 10,7% sur l’IS (EUR 2,5 milliards)

2017 : début de baisse de l’IS ; EUR 5 milliards d’allègements fiscaux cumulés en faveur des plus modestes  division par 2 du nombre de régions

Au 1er janvier 2018 : nouvelle carte intercommunale

2020 : baisse de 33,33% à 28% du taux normal de l’IS (gain de 6 milliards d’euros ; le taux moyen est de 25% en Europe)

2021 : suppression des conseils départementaux

Le financement de ce programme reste encore assez incertain. Après quelques tergiversations, Manuel Valls s’est prononcé pour le respect des engagements de la France, mais sans plus de précision. Le nouveau gouvernement n’a pas donné de nouvelles prévisions pour le déficit budgétaire qui reste prévu à 3,6% du PIB en 2014 et 2,8% en 2015 (sur la base d’une croissance de 0,9% et 2%, respectivement). Or, il faut intégrer la dérive de 2013 avec un déficit de 4,3 contre 4,1 % initialement prévu et le fait que la Commission européenne considère qu’en l’état actuel des choses, le déficit français serait de 4 % en 2014 et de 3,9 % en 2015.

Manuel Valls a annoncé un collectif budgétaire pour le début de l’été. Une négociation est en cours avec la Commission pour obtenir un nouveau délai pour revenir sous les 3% de déficit budgétaire. Le calendrier pourrait jouer en faveur de la France car le Parlement européen et la Commission européenne seront renouvelés à la fin du mois de juin.

Les annonces du Premier Ministre dans le cadre de son discours de politique générale porte devraient générer un manque à gagner de 25 milliards d’euros sachant que toute exonération de charges doit être compensée par l’Etat aux régimes sociaux.

Le Premier Ministre a simplement précisé la clef de répartition du plan de 50 milliards d’euros d’économies : 19 milliards pour l’État et ses opérateurs, 10 milliards pour l’assurance maladie, 10 milliards pour les collectivités locales et le solde proviendra d’une redéfinition du champ des prestations sociales.

Comme son homologue italien, Manuel Valls a annoncé une réforme institutionnelle avec une division par deux du nombre de régions d’ici à 2017, la suppression des conseils départementaux à l’horizon 2021).

Côté Italie, l'autre guerre de mouvement 

L’Italie se languit d’une croissance faible avec un objectif en 2014 de 0,8 %. Néanmoins, sa situation budgétaire est meilleure que celle de la France avec un excédent primaire (le budget est en excédentaire avant paiement des intérêts de la dette ce qui n’est pas le cas de la France). Tout compris, le déficit public devrait être de 2,6 % en 2014 et de 1,8 % en 2015.

Matteo Renzi a lancé un plan assez ambitieux comportant des mesures institutionnelles et des mesures économiques. S’il a critiqué un temps la Commission de Bruxelles, il n’entend pas mener une démarche commune avec la France pour un assouplissement des règles budgétaires.

Au niveau institutionnel, il a promis une nouvelle loi électorale et la disparition des provinces qui étaient un échelon intermédiaire entre les communautés de communes et les régions.

Sur le plan économique, il a annoncé la réduction du « coin fiscal » avec un allégement de l'Irpef (l'impôt sur le revenu des personnes physiques) pour 10 millions de salariés à partir du 1er mai : 6,6 milliards d'euros en 2014 et 10 milliards d'euros en année pleine.

Il a également promis la diminution de la taxe professionnelle (Irap) : 5 % en 2014 et 10 % en 2015
Par ailleurs, il a demandé l’encadrement des rémunérations des dirigeants du secteur public, dont le plafond annuel est aligné sur l'indemnité du Président de la république ce qui génèrerait une économique de  400 millions d'euros d'économies

Il a également annoncé des économies sur les programmes d'acquisitions des administrations pour un milliard d'euros en 2014

Il compte récupérer 2 milliards d’euros dans le cadre du plan de rapatriement des capitaux de l'étranger à travers la « voluntary disclosure » :

Enfin, un plan de privatisations (ENI, Terna, Fincantieri…) sur 2015-2017 : devrait rapporter 12 milliards d'euros par an (0,7 % du PIB).

A suivre next week…

Lundi 14 avril

Aux Etats-Unis, seront publiés les résultats des ventes de détail pour le mois de mars. Une augmentation de 0,7 % est attendue compte tenu de la fin des intempéries.

Pour la zone euro sera connue la production industrielle du mois de février avec logiquement un résultat en hausse

En Italie, sera connu l’indice des prix à la consommation du mois de mars. Les prix ont dû augmenter de 0,1 % portant l’indice annuel à 0,3 %.

Sera également connue la production industrielle de la zone euro pour le mois de février. Le résultat devrait ressortir en légère hausse de 0,2 % compensant la baisse de janvier. Sur une base annuelle, la hausse serait de 1,7 %.

Au Royaume-Uni seront publiés les résultats des ventes de détail qui devraient avoir progressé en mars de 0,5 %.

Mardi 15 avril

Aux Etats-Unis, sera connu l’indice des prix à la consommation du mois de mars. Une hausse est attendue à 1,4 % contre 1,1 % en février du fait de l’augmentation des prix alimentaires  mais l’inflation sous-jacente resterait inchangée (1,6 %).

Au Royaume-Uni, le taux d’inflation du mois de mars sera publié avec un repli attendu.

Il faudra suivre les enquêtes ZEW sur la situation économique en Allemagne avec une amélioration attendue. De même sera publié l’indice ZEW sur le sentiment économique en zone euro. Toujours pour l’Europe seront connus les résultats de la balance commerciale de février dont le solde devrait avoir progressé ce qui devrait encore favoriser l’appréciation de l’euro.

Mercredi 16 avril

Au Royaume-Uni, seront rendues publiques les statistiques sur l’emploi avec une amélioration attendue.

Au Japon sera publié le résultat de la production industrielle du mois de mars qui devrait être en baisse.
Au niveau européen, il faudra suivre les résultats de la balance commerciale italienne de février et l’indice des prix à la consommation de la zone euro pour le mois de mars. Le taux d’inflation devrait se maintenir à un niveau très bas (0,5 à 0,6 %).

Jeudi 17 avril

Seront publiés les résultats du compte courant de la zone euro et l’indice des prix à la production en Allemagne.

La semaine économique est une publication réalisée par Lorello Eco Data, société d’études et de stratégies économiques dirigée par Philippe Crevel.
Téléphone : 01 45 00 37 37 / 06 88 87 16 59
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samedi 5 avril 2014

La semaine économique vue par Philippe Crevel

La semaine économique N°69 est une lettre d'information réalisée par Philippe Crevel et publiée notamment sur le site du Cercle des Epargnants.

Le coin des Epargnants

Le CAC 40 continue sa marche en avant à 4 484 points retrouvant son niveau d’avant la faillite de Lehmann Brothers. En une semaine, le CAC a gagné 1,66 %. Sur un an, la progression est supérieure à 20 %. Elle est d’un peu plus de 4 % depuis le 1er janvier.

Cette progression est imputable aux bons résultats américains. Au mois de mars, l’économie américaine (hors secteur agricole) a créé 192.000 emplois. Certes, cela est inférieur aux prévisions mais la tendance reste bonne surtout que les résultats de janvier et de février ont été revus à la hausse, à respectivement 144.000 et 197.000 créations nettes. Le taux de chômage reste à 6,7 %. Le discours de la Présidente de la FED et les propos assez offensifs de Mario Draghi ont conforté les investisseurs.

Une semaine d’économie

France, croire en une reprise modérée

L’INSEE vient de publier son étude de conjoncture du mois de mars. Pas de quoi s’emballer, la croissance serait certes de retour mais sans pour autant atteindre des sommets et permettre une décrue du chômage et une réduction des déficits publics. En effet, pour respirer, il faudrait au moins une croissance de 1,5 % or, selon l’INSEE, nous sommes plutôt partis pour atteindre 0,7 %. Certes, cela est beaucoup mieux que le +0,3 % en 2013 et le  0,0 % en 2012 mais cela demeure insuffisant. L’Institut considère que l’activité sera  notamment portée par l’industrie manufacturière (acquis de +1,1 % mi-2014 après +0,1 % en 2013 et -2,8 % en 2012). A contrario, la construction continuerait de peser sur l’activité (acquis de -1,3 % mi-2014, après -2,2 % en 2013).

Si l’INSEE ne voit pas une baisse du chômage en 2014, en revanche elle considère qu’à compter du second semestre l’emploi marchand non agricole devrait se stabiliser.

Toujours selon l’INSEE, au premier semestre, le pouvoir d’achat se redresserait (+1,0 % puis +0,1 %) après avoir légèrement fléchi au second semestre 2013 (-0,2 % par trimestre). Toujours selon l’INSEE, de mi-2013 à mi-2014, le pouvoir d’achat serait en hausse modérée (+0,6 %).

Cette faible croissance pèsera donc sur le niveau des déficits qui devraient rester autour de 4 % du PIB et rendra encore plus délicat la réalisation des 50 milliards d’euros d’économie et du double pacte, responsabilité et solidarité.

BCE, l’heure de la riposte se rapproche-t-elle ?

La Banque Centrale Européenne a décidé de ne rien changer mais le verbatim évolue. Les Gouverneurs ont indiqué qu’un taux d’inflation trop bas trop longtemps constituait une réelle menace et que le cas échéant des moyens non conventionnels seraient mis en œuvre.
Il est certain qu’avec un taux à 0,5 % au mois de mars, l’inflation est au plus bas. Il faut remonter à la récession de 2009 pour retrouver un tel taux.

Les prix baissent un peu partout et cela malgré quelques hausses d’impôts (TVA en France par exemple).
Au moment de la conférence de presse, Mario Draghi a reconnu que les données pour le mois de mars avaient constitué une surprise, pas assez notable cependant pour amener le Conseil à baisser ses taux directeurs.

La BCE considère qu’il n’y a pas d’enclenchement déflationniste au sein de la zone euro. Le président Draghi, a continué d’indiquer que les anticipations à moyen-long terme restaient « bien ancrées » et proches de l’objectif officiel de 2%.

En cas de décrochage, en revanche, Mario Draghi et l’ensemble du Conseil des gouverneurs n’hésiteront pas à recourir à toutes les armes possibles y compris les moins conventionnels, pour écarter ce risque : prêts aux banques, achats fermes de titres (quantitative easing), assouplissement des règles prudentielles appliquées au marché des assets-backed securities (ABS).

La BCE aime l’impressionnisme et avance par petites touches. Les déclarations de Mario Draghi constitue certainement un tout petit pas vers une éventuelle initiative de la BCE si d’ici la fin du mois de mai, il n’y a pas de retournement des anticipations sur les prix et les volumes de crédits.

Et demain et après demain

La guerre du déficit français aura-t-elle lieu ?

Avec un déficit public de 4,3 % en 2013 qui sera réduit au mieux à 4 % en 2014, la France ne rentrera pas dans le cadre européen comme prévu en 2015. François Hollande entend obtenir un nouveau délai de grâce à l’Europe pour passer sous la barre des 3 % du PIB. Or, nos partenaires n’entendent pas se faire avoir une fois de plus par les promesses françaises.

L'ex-Premier ministre luxembourgeois Jean-Claude Juncker, candidat du centre droit à la présidence de la Commission européenne, a ouvert le bal en indiquant à Berlin qu’il est opposé sur le principe au fait que la France bénéficie d'un nouveau délai pour réduire son déficit public.
Il a rappelé que la France, qui a déjà obtenu un report jusqu'en 2015 pour être dans les limites des règles budgétaires européennes, "ne peut pas encore une fois avoir un passe-droit".

Jean-Claude Juncker a ajouté que la France devait "suivre les règles du jeu comme tous les autres".
La prochaine rencontre de Michel Sapin avec son homologue allemand, Wolfgang Schäuble, lundi à Berlin, sera plus que délicate car à l’ordre du jour figure le rythme de réduction du déficit public français.

Jusqu’à maintenant, Wolfgang Schäuble a souligné que la France "restait un pays fort" en dépit d'une situation politique "difficile". Par ailleurs, le porte-parole d'Angela Merkel a dit vendredi faire "confiance à la France pour respecter ses engagements".

Les propos les plus durs proviennent sans surprise du président de la Banque centrale allemande, la Bundesbank, Jens Weidmann qui a demandé à la Commission européenne de faire "respecter les règles de manière stricte".

La France peut-elle demander un nouveau sursis ? Le calendrier électoral est plutôt favorable. En effet, les élections européennes de juin devraient enregistrer la montée en puissance du vote protestataire et anti-européen. De ce fait, la Commission sortante pourrait être tentée de ne pas mettre de l’huile sur le feu en ouvrant un nouveau front avec la France. Elle pourrait être également tentée de renvoyer le règlement du problème français à la prochaine commission. Les élections du mois de juin pourrait conduire à la constitution d’une grande coalition centre droit et centre gauche à l’Allemande ce qui ne serait pas pour déplaire au pouvoir français.

Par ailleurs, la Commission peut difficilement s’opposer de front au deuxième pays européen. Il y aura donc des négociations avec à la clef certainement un report du calendrier avec en contrepartie des promesses de réformes. Le Gouvernement français mettra en avant le pacte de responsabilité et son plan d’économies de 50 milliards d’euros. Cela ne suffira peut-être pour amadouer la Commission européenne qui exigera d’aller plus loin dans l’assainissement des comptes sociaux. Il est fort probable que le Gouvernement soit d’ici septembre contraint d’augmenter la CSG pour alléger les charges salariales tout en tentant d’équilibrer les comptes d’assurance-maladie.

Assurance-maladie, le chantier toujours en suspens

Le Gouvernement de Jean-Marc Ayrault a posé quelques rustines pour réduire la dérive des comptes de l’assurance-vieillesse en faisant une grande partie de la charge sur les entreprises et les retraités. Il est fort probable que d’ici deux ou trois ans une nouvelle réforme soit nécessaire. Il a ouvert le dossier de la dépendance en promettant une réforme d’ici la fin de l’année. En revanche, pour l’assurance-maladie, circuler il n’y a rien à voir. Pourtant, le déficit de l’assurance-maladie voisine autour de 8 milliards d’euros. Malgré une forte maîtrise des dépenses d’assurance-maladie, malgré une réduction drastique des investissements, le déficit a tendance à s’accroitre du fait du vieillissement et de la stagnation économique.

Le Gouvernement a tendu quelques filins pour réformer l’assurance-maladie avec l’ANI sur la sécurisation de l’emploi qui prévoit la généralisation de la couverture santé. Une fois en vigueur, en 2015, il sera possible d’effectuer des transferts de charge de l’assurance maladie vers les complémentaires. Par ailleurs, plusieurs pistes sont à l’étude comme le déremboursement du premier rendez-vous chez les médecins ou l’augmentation des franchises (le 1 euro ou le ticket modérateur). D’autres pistes plus audacieuses ont été avancées mais ne devraient pas être inscrites à l’ordre du jour de la prochaine réforme. Il y avait, en particulier, la possibilité de rendre le système de prise en charge dégressif en fonction des revenus. Ce serait évidemment une remise en cause du modèle universel de couverture maladie à la Française. Sinon, le Gouvernement pourrait continuer la politique de déremboursement de certains médicaments jugés peu efficaces.

A suivre, next week….

Lundi 7 avril

En Allemagne, il faudra scruter la production industrielle du mois de mars qui devrait être stable par rapport au mois de février.

En Italie, il faudra suivre le résultat du déficit public qui devrait se situer autour de 3 % marquant la consolidation budgétaire entreprise depuis plusieurs années.
Sur le plan européen, il faudra suivre l’indicateur de la confiance des consommateurs d’avril qui est attendu en hausse par rapport à mars.

Aux Etats-Unis, il sera intéressant de regarder la variation des crédits à la consommation qui est attendue à la hausse.

Au Japon, les résultats du commerce extérieur seront publiés. Après le fort déficit du mois de janvier, il faudra analyser la réaction de l’économie japonaise. Néanmoins, un déficit est encore prévu.

Mardi 8 avril

Au Japon, sera communiquée l’enquête auprès des observateurs de l'économie du mois de mars. L’enquête devrait être positive du fait que les consommateurs anticipent la progression de 3 points de la TVA.

Au Royaume-Uni sera connue la production industrielle de février qui est attendue en hausse.

En France, les résultats de la balance commerciale du mois de février seront publiés avec à la clef un déficit d’environ 5,3 milliards d’euros contre -5,7 milliards d’euros au mois de janvier. L’économie française n’arrive toujours pas à gagner des parts de marché à l’exportation.
Toujours, en France, il faudra regarder les résultats de l’exécution budgétaire de février. En janvier, le déficit avait été de 12,7 milliards d’euros.

Aux Etats-Unis sera connu l’indice de l’optimisme des affaires de mars qui devrait ressortir en hausse.

Mercredi 9 avril

Il faudra suivre au Royaume-Uni, la réunion de la BoE qui devrait maintenir inchangé sa politique monétaire. Toujours à Londres, il faudra regarder les résultats de la balance commerciale avec un déficit de 3,33 milliards de livres contre 4 milliards au mois de janvier.

En Allemagne, seront publiés les résultats de la balance commerciale de février avec à la clef un excédent d’environ 19 milliards d’euros contre 17 milliards d’euros au mois de janvier.

Jeudi 10 avril

Au Japon, seront communiquées, les commandes de machines de février qui devraient être en diminution en phase avec e ralentissement attendu de l’économie.

En France, il faudra suivre le taux d’inflation de mars qui est attendu à 0,5 %. Néanmoins sur un an, le taux d’inflation devrait revenir à 0,6 % contre 0,9 % en février.

Toujours en France, il faudra analyser les résultats de la production industrielle de février. Il est fort probable que la production industrielle soit en baisse du fait du recul de la production d'énergie (consécutif à la douceur de l'hiver) et de la production manufacturière (exposée à un contrecoup après sa forte hausse de janvier).

En Italie, il faudra regarder les résultats de la production industrielle de février qui devraient marquer un recul de l’ordre de 0,2 %.
Au niveau européen, la BCE publiera son rapport mensuel.
Au Royaume-Uni, il faudra suivre les décisions sur les taux de la BoE.

Vendredi 11 avril

Le FMI se réunira toute la journée avec une déclaration finale.
Plusieurs indices des prix du mois de mars seront communiqués, en Chine, en Espagne et en Allemagne en particulier. L’inflation annuelle de l’Allemagne baisserait de 1 à 0,9 %. En Espagne, l’inflation serait de -0,2 %.
Aux Etats-Unis, il faudra suivre l’indice de confiance des consommateurs Reuters / Michigan.

Consulter la lettre

La semaine économique est une publication réalisée par Lorello Eco Data, société d’études et de stratégies économiques dirigée par Philippe Crevel.
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samedi 29 mars 2014

La lettre économique de Philippe Crevel



Le coin des Epargnants

La bourse a connu une bonne semaine avec une progression du CAC 40 de 1,75 %. Il a terminé vendredi soir à 4 411 points tout près de son record de l’année à 4 419 points atteint le 24 février. Les tensions ukrainiennes n’impactent pas trop les marchés financiers. Les déclarations des responsables chinois en faveur de la croissance ont favorisé la hausse tout comme les bons indicateurs américains ou européens.
L’assurance-vie a enregistré un bon mois de février marquant le fait que les ménages français souhaitent maintenir un volant suffisant d’épargne. Néanmoins, ce résultat positif est avant tout le résultat d’une diminution des rachats. En revanche, les épargnants français boudent toujours les actions au vu des résultats des unités de compte.

Le coin des prévisions

France, des résultats qui pleurent…

La progression du chômage en France, la faible progression de la consommation qui ne compense pas la baisse du mois de janvier.

Pour autant, les indicateurs avancés qui scrutent le moral des entreprises et des consommateurs restent bien orientés et peuvent laisser penser qu’une reprise se dessine.

Néanmoins, jamais depuis quarante ans, la France n’avait connu une sortie de récession aussi pénible. En règle générale, après une diminution du PIB, il y a un rattrapage. Depuis 2009, aucun rebond n’a été réellement enregistré. L’économie française connaît une véritable atonie qui a force de perdurer entrave la future croissance. Le retard pris sur l’investissement est cumulatif et rend plus délicat l’adaptation de notre outil production à la demande finale française et internationale.

Europe, des indicateurs qui rient mais rien n’est acquis…

Pour le moment, la reprise manque de couleur mais tout le monde veut y croire ; les indicateurs avancés en sont la meilleure preuve.
La zone euro a connu durant près de deux ans une récession qui a laissé des traces.  Du premier trimestre 2011 au quatrième trimestre 2013, leur retard cumulé de croissance vis-à-vis des Etats-Unis atteint huit points de PIB.

Le déficit d’activité par rapport au potentiel (output gap) est estimé à 3,8 points de PIB selon l’Organisation pour la coopération et le développement économique (OCDE), à 2,7 points de PIB selon le Fonds monétaire international (FMI).
La croissance attendue pour 2014 reste modeste autour de 1,4 % et ne retrouverait un taux correct qu’au mieux en 2015 avec une prévision de 2 %.

La bonne nouvelle provient de l’Europe du Sud qui sort du trou noir. En Espagne, Portugal, Grèce, les enquêtes de la Commission européenne ou encore celles menées auprès des directeurs d’achats se teintent d’optimisme. Ces pays ont amélioré leur compétitivité permettant un rééquilibrage des comptes extérieurs et le retour des investissements directs étrangers. En revanche, pour le moment, la demande interne reste faible en raison du taux élevé de chômage.

Certes, les taux de chômage commencent à baisser au sud de l’Europe (sauf en Italie), comme dans la moitié des pays de l’UEM, la France restant à la traine. Néanmoins, le reflux reste modeste au regard des taux historiquement élevés (25,8% en Espagne, 15,3% au Portugal, 27,5% en Grèce).
Les enquêtes auprès des directeurs d’achats, ou encore les indices du climat économique de la Commission européenne et des instituts économiques soulignent que la reprise s’affirme de jour en jour même si les signes concrets restent ténus. La confiance s’accroît chez les chefs d’entreprise de la zone euro et les ménages se déclarent un peu moins inquiets. Si pour le premier trimestre, le taux de croissance devrait rester mesuré, celui du deuxième montrera réellement les capacités de la zone euro si ce n’est de rebondir mais du moins de passe un cap.

Actualité

Japon, augmentation de la TVA de 3 points en avril

« Abenomics », est au pied du mur avec la future hausse de la TVA qui pourrait tuer dans l’œuf l’esquisse de croissance. L’Abenomics qui est un mélange d’hyperstimulation monétaire, de relance budgétaire et de réformes structurelles semble trouver ses limites. Dans un premier temps, les marchés avaient « acheté » la reprise dans l’Archipel avec une hausse de la bourse de Tokyo de 57% (Nikkei). L’activité économie a été dopée mais le maintien du déficit public à 10% du PIB en 2013 et la dégradation vertigineuse des comptes extérieurs constituent deux points noirs. L’augmentation de la TVA de 3 points (passage de 5 à 8 %) pourrait plomber la croissance en pénalisant la consommation qui représente 60% du PIB. Cette dernière a progressé ces derniers mois que par l’anticipation de cette hausse.
De ce fait, la croissance est attendue en baisse en 2014 vers 1 /1,2% en 2014, contre 1,6% en 2013.

France, consommation étale mais confiance en hausse

La consommation a faiblement progressé de 0,1 % en février selon l’INSEE ne compensant pas la baisse du mois de janvier. Ce résultat est de mauvais augure pour la croissance du premier trimestre.
La semaine dernière, l’INSEE a publié l’indicateur sur la confiance des ménages qui ressort en hausse de 3 points en mars par rapport à février. Il retrouve ainsi son niveau de juillet 2012. Les ménages français sont tout à la fois plus confiants sur leur situation personnelle future et plus nombreux à juger opportun la réalisation d’achats importants. Par ailleurs, la capacité à épargner des ménages progresse.
Si ces résultats sont fiables, cela devrait se traduire par une augmentation de la consommation au mois de mars et par un raffermissement de la croissance. Affaire à suivre…

A suivre, Next week

Lundi 31 mars

Eurostat publiera, pour la zone euro, le taux d’inflation du mois de mars. Ce taux sera attendu pour connaître si les menaces déflationnistes sont toujours présentes et pour apprécier l’éventuelle réaction de la Banque centrale européenne. Au mois de février, l’inflation était en baisse en février, à 0,7%. Les experts économiques l’attendent en baisse.
En France, il faudra suivre les résultats pour des 2013 des comptes nationaux des administrations publiques et le montant de la dette au sens de Maastricht.
Il sera également communiqué les résultats définitifs du PIB 2013.

Mardi 1er avril

Aux Etats-Unis, il faudra suivre l’indice ISM de mars. Cet indice devrait être en hausse autour de 55 après 53,2 en février et 51,3 en janvier traduisant l’enracinement de la croissance américaine.
Au Royaume-Uni, il faudra également regarder l’indice  PMI manufacturier de mars qui est attendu en progression confirmant le résultat de février.
En Allemagne, il faudra scruter le rapport sur l’emploi de mars. Le chômage est encore attendu en diminution en mars. Le taux de chômage devrait rester autour de 6,8 % ce qui est son plus bas taux depuis 20 ans.
En France, il faudra suivre les immatriculations de voitures neuves en mars ainsi que l’indice PMI manufacturier.

Jeudi 3 avril

Au Royaume-Uni, sera publié l’indicateur PMI pour les services du mois de mars. Cet indice est attendu à la hausse.

Pour la zone euro, il faudra évidemment suivre la réunion de la BCE du mois d’avril. En fonction du taux d’inflation qui sera publié au début de semaine, le débat sur l’engagement d’actions énergiques sera incontournable. Néanmoins, le consensus parie pour le statuquo. La BCE veut se garder les mains libres en cas de remonter des taux sur les marchés mondiaux du fait de la fin des injections de liquidités par la FED, hausse des taux qui pourrait impacter la zone euro assez fortement. L’idée sous-jacente est pour la BCE de ne pas griller de manière anticipée ses cartes. Par ailleurs, du fait des indicateurs convergents, elle parie toujours sur une accélération de la croissance à compter de la fin du premier trimestre.
En France, il faudra regarder les Indices PMI des services et composite de mars ainsi que l’adjudication d'OAT long terme. A 22h00 sera communiquée la note de conjoncture de l'Insee.

Vendredi 4 avril

Aux Etats-Unis, il faudra suivre le rapport emploi de mars. Le taux de chômage devrait se maintenir à 6,7 % avec la création de 200 000 postes soit un volume assez classique en légère hausse par rapport à février (175 000).


La semaine économique est une publication réalisée par Lorello Eco Data, société d’études et de stratégies économiques dirigée par Philippe Crevel.

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samedi 22 mars 2014

La lettre économique et financière du Cercle




Le coin des épargnants

Le CAC 40 a terminé la semaine en hausse avec un gain sur les cinq derniers jours de 2,82 % permettant d’être en positif depuis le début de l’année avec un petit 0,92 %. Le CAC 40 a clôturé à 4 335 points.

L’issu scrutin de la Crimée avait été anticipé la semaine précédente. Cette semaine a été bien orientée par les résultats statistiques en provenance des Etats-Unis, l’indice S&P 500 a battu, à ce titre, un nouveau record. La nouvelle Présidente de la FED, pour sa première conférence de presse, a rassuré les investisseurs en soulignant qu’il n’y aurait pas obligatoirement de changement de politique monétaire si le chômage passait en-dessous de la barre des 6,5 %. Elle a confirmé le maintien des taux bas sur une longue période.

Après un bon mois de janvier, les résultats de la collecte du Livret A et du LDD ont été publiés vendredi 21 mars avec à la clef une décollecte de 140 millions d’euros. Après deux mois de collecte positive (730 millions d’euros au mois de décembre et 2,19 milliards d’euros au mois de janvier), le Livret A a enregistré une décollecte de 210 millions d’euros de décollecte quand le LDD restait sur une collecte positive de 70 millions euros pour le LDD. Ce résultat fait suite aux décollectes enregistrées des mois de septembre à novembre de l’année dernière. Cette semaine, il faudra suivre avec attention les résultats de l’assurance-vie.

Le coin des Prévisions

Optimisme de rigueur à la Banque de France

Quelques signes encourageants semblent prouver que la croissance française pourrait reprendre. Au mois de février, le commerce reprend quelques couleurs au vu des projets d’ouverture et des prévisions sur le commerce de détail. La Banque de France demeure optimiste pour la fin du premier trimestre et surtout pour le deuxième. Si la croissance des trois premiers mois de l’année devrait tourner entre 0,1 % et 0,2 %, elle pourrait s’étoffer à la fin du deuxième en phase avec l’amélioration des pays d’Europe du Sud. 
  
Début d’un nouveau cycle électoral

La France a entamé un nouveau cycle électoral avec quatre élections en un an de programmées, élections municipales et européennes en mars et juin 2014 puis élections cantonales et régionales en mars 2015 (sauf si le Conseil d’Etat invalidait le nouveau découpage électoral).

Ce cycle d’élections rapprochées n’est pas propice à l’investissement des collectivités territoriales qui représentent 75 % de l’investissement public. En effet, les investissements se réduisent durant la dernière année du mandat consacrée aux inaugurations et peu propice aux travaux car sources de perturbations et d’impopularité. Par ailleurs, l’année qui suit une élection est, en règle générale, consacrée aux études et remise en cause des chantiers lancés par les majorités précédentes. De ce fait, les entreprises de bâtiment et de travaux publics devraient connaître de moindres commandes en 2014 et 2015.

Retour sur la semaine passée

France, les salaires ont continué à augmenter en 2013 mais restent faibles !

Selon l’INSEE, au quatrième trimestre 2013, l’indice du coût du travail (ICT) – salaires seuls de l’ensemble des secteurs marchands non agricoles a progressé de 0,5 % en données corrigées des variations saisonnières. Au troisième trimestre 2013, l’indice avait augmenté de 0,3 %. En glissement annuel, l’ICT – salaires seuls croît de 2,0 %, comme au trimestre précédent. Le temps de travail moyen baisse légèrement (-0,1 % en glissement annuel). Si les salaires continuent à augmenter, c’est avant tout en raison de la progression des charges sociales (cotisation retraite notamment) mais aussi du fait des augmentations automatiques prévues par les accords de branche.

Il n’en demeure pas moins que les salaires versés sont relativement faibles par rapport à ceux perçus par les autres européens. Le salaire brut moyen est de 56 500 euros au Danemark, de 47 000 en Irlande, de 46 000 aux Pays-Bas, de 42 500 en Allemagne contre 39 000 en France (sources Eurostat 2011 – salariés à temps plein entreprises de plus de 10 salariés).

Entre Unedic et pacte de responsabilité

Les partenaires sociaux n’auront pas chômé durant ce mois de mars. Après avoir accepté le principe du pacte de responsabilité avec à la clef des réductions de charges pour les entreprises, ils ont signé un accord visant à réduire le déficit de l’UNEDIC. Les cadres sont les principales victimes de cet accord ce qui a amené la CFE/CGC à le rejeter. L’augmentation du délai de carence de 75 à 180 jours modifie évidemment les règles de licenciement pour les cadres qui auront de moins en moins d’intérêt à accepter le transactionnel et devront tenter d’arracher un licenciement économique. Cette réforme banalise un peu plus le statut de cadre. Ce dernier recevait jusqu’à maintenant une indemnité au nom de sa contribution à l’entreprise. Désormais, l’indemnité sera assimilée à une indemnité de chômage permettant de faire la jonction avec le prochain emploi.

Un nouveau dispositif de droits rechargeables est institué. Ce nouveau dispositif, dont le principe avait été acté en 2013 par la loi de sécurisation de l'emploi, permettra à tous les demandeurs d’emploi à partir du 1er juillet, d'accumuler des droits à indemnisation chaque fois qu'ils retravaillent, alors qu'ils en perdaient auparavant une partie. L'objectif est à la fois de favoriser la reprise


Les cadres qui ont touché une indemnité de départ, au-delà de celles prévues par la loi, seront soumis à un délai de carence pouvant atteindre cent quatre-vingts jours pour bénéficier d’une allocation chômage contre soixante-quinze jours maximum aujourd'hui. Les licenciés économiques ne seront toutefois pas touchés par ce délai de carence.
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Le régime des intermittemps du spectacle est modifié. Le cumul entre salaire et allocations des 112 000 intermittents indemnisés sera plafonné à 5 475 euros bruts par mois et un « différé » d'indemnisation Les cotisations sur leurs salaires passent de 10,8 % à 12,8 % (8 % côté employeurs, 4,8 % côté salariés).

Les salariés de plus de 65 ans, jusqu'ici exonérés de cotisations Unedic, contribueront eux aussi au régime.

Le système d'« activité réduite », qui permet à plus d'un million de chômeurs de cumuler petits boulots et allocation, est réformé et simplifié

Cachez mois cette déflation que je ne saurais voir

Dans le quotidien « Le Monde », plusieurs économistes sont montés au créneau pour demander à la Banque Centrale Européenne d’infléchir sa politique.

Ainsi, selon Eurostat, l’inflation a été de 0,7 % au mois de février en zone euro. La hausse des prix retrouve donc son point bas d’octobre 2013. L’inflation sous-jacente, moins volatile et davantage animée par des facteurs internes, est donc également faible. Elle est même négative ou à peine supérieure à zéro dans les économies qui ont enregistré de sévères récession.

La BCE n’entend pas modifier sa politique car elle considère que l’Europe du Sud après avoir pratiqué une politique de dévaluation interne commence à en tirer profit. La désinflation tirerait sur sa fin ne nécessitant pas d’interventions spécifiques. Par ailleurs, la BCE souligne que l’inflation sous-jacente est, dans plusieurs pays du « noyau dur » de l’UEM, supérieure à la moyenne de la zone euro. Il en est ainsi en Autriche, en Finlande ou au Luxembourg. En Allemagne et en France, elle n’est pas loin de la moyenne.

Néanmoins il ne fait pas de doute que le taux d’inflation sous-jacente est sur une pente descendante.

La demande reste étale dans de nombreux pays et le taux d’utilisation des capacités de production demeure faible. Plusieurs experts soulignent que la BCE est plus prompte à prendre des mesures quand des anticipations inflationnistes se manifestent que pour répondre à des signes déflationnistes.

Allemagne, chemin de traverse en matière de retraite

L’Allemagne est, depuis de nombreuses années, confrontée au vieillissement de sa population. Le pays avait pris de nombreuses mesures visant à atténuer la facture  de la retraite. Ces mesures étaient d’autant plus l’Allemagne a pris indispensables que le taux de fécondité figure parmi les plus faibles d’Europe avec un taux de 1,4 enfant par femme en 2010 contre 1,6 dans l’Union européenne et 1,9 en France.

De 1991 à 2010, la part dans la population des personnes âgées de plus de 65 ans est passée de 14,9% à 20,7%, alors que celle des moins de 19 ans reculait de 20,4% à 17,6%. Les démographes estiment que la population devrait s’affaisser sous la barre des 60 millions en 2050, contre 82 millions actuellement et être ainsi inférieure à celle de la France.

D’ici à 2025, malgré la progression du taux d’activité des personnes  âgées de plus de 55 ans et des femmes, la population active sera inférieure de 6 millions à son niveau actuel (plus de 10% de baisse). La seule solution pour endiguer ce mouvement est un recours accru à l’immigration.

Or, en contradiction avec les mesures prises depuis 2002, la ministre des Affaires sociales, Mme Andrea Nahles, a présenté un projet de loi qui vise à faciliter les départs anticipés à la retraite.  

La loi de 2001 avait  introduit un minimum retraite afin que chacun soit assuré d’une pension au moins équivalente à 46% de son dernier salaire brut mais avait prévu la réduction progressive du taux de remplacement pour une retraite à taux plein de 70% à 67%.

Par ailleurs, le taux de cotisation au régime de base de l’assurance vieillesse, partagé à parts égales entre l’employeur et l’employé, a été plafonné à 20% jusqu’en 2020 (et à 22% à l’horizon de 2030).

Afin de compléter le montant des pensions, deux autres piliers ont été ajoutés au premier, des régimes professionnels complémentaires gérés par les entreprises et, deuxièmement, une dose de retraite par capitalisation, subventionnée par l’Etat fédéral, la retraite « Reister » qui fonctionne sur la base du libre choix. 

La loi de 2004 a introduit, quant à elle, un « facteur de soutenabilité » dans le calcul des pensions : plus le ratio cotisants / retraité recule, plus la hausse des pensions est modeste. La loi de 2007 avait prévu le relèvement progressif d’ici à 2029 de l’âge légal de départ à la retraite à taux plein de 65 ans à 67 ans.

En vertu du nouveau projet de loi qui devrait entrer en vigueur le 1er juillet 2014. Les conditions de retraite des mères de familles (Mütterrente) dont les enfants sont nés avant 1992 devraient rattraper en partie celles des femmes ayant des enfants nés après 1992. Le texte intègre la durée de cotisation pour calculer l’âge de départ à la retraite. Les salariés totalisant 45 années de cotisations ou plus pourront prendre leur retraite à taux plein dès 63 ans (contre 65 ans actuellement). 200 000 personnes supplémentaires partiraient ainsi chaque année à la retraite. D’ici à 2029, cet âge serait progressivement relevé de deux ans, de sorte que ceux qui ont commencé à travailler dès 18 ans pourront bénéficier d’une retraite à taux plein à 65 ans, alors que ce sera 67 ans pour l’ensemble de la population. Un peu sur le modèle français, les périodes de chômage de courte durée et de chômage partiel seront prises en compte dans le calcul des années de cotisations, contrairement aux périodes de chômage de longue durée. Le projet de loi comporte également des mesures en faveur des retraites des personnes en invalidité.

Le financement de la réforme n’est pas prévu au-delà de 2018. Avant cette date, le budget actuel de l’Etat et les excédents des caisses de retraite qui se montent à EUR 31 mds lui seraient alloués. Puis, les subventions publiques annuelles passeraient progressivement de 400 millions à 2 milliards d’euros à horizon de 2022. Des hausses de cotisations pourraient être rendues nécessaires pour financer cette réforme.

Le projet de loi ne prévoit pas de réforme du dispositif Reister qui n’est qu’à moitié convainquant.

Russie, les sanctions à double tranchant

La Russie dépend de ses exportations gazières qui permettent le financement des dépenses publiques. Le prix du gaz a certes baissé ces dernières années avec la montée en puissance du gaz de schiste mais les contrats gaziers sont négociés sir longue période ce qui réduit l’impact des fluctuations de prix et ce qui permet évidemment de se protéger des conséquences de part et d’autres, consommateurs comme producteurs, des aléas internationaux. La Russie n’apprécie guère que le prix du gaz comme celui du pétrole passe en dessous d’un seuil de 90 dollars le baril (pour le pétrole). En-deçà, le déficit s’accroît. Les Etats-Unis ne peuvent guère mener une bataille tarifaire car la rentabilité de leurs nouveaux gisements, pétrole et gaz, suppose que les cours restent à des niveaux élevés. Ils pourraient en s’accordant avec l’Arabie Saoudite mener une guerre des tarifs mais elle serait coûteuse pour tous le acteurs.

L’Europe est en outre aujourd’hui dépendante du gaz russe pour 20 %. Il n’est pas évident de mettre un terme à cet approvisionnement sauf à surpayer auprès des autres fournisseurs (Algérie en particulier).

Les interdictions de visas pour des responsables économiques sont avant tout symboliques et ont un objectif vexatoire. Il en serait tout autre si la France annulait le contrat de vente des navires « Mistral » à la Russie. Les pertes d’emploi et les conséquences à l’exportation seraient fortes, (plusieurs milliers d’emplois en jeu).


A suivre Next week

Lundi 24 mars

Lundi seront présentés les fameux indices PMI du mois de mars dont ceux de la zone euro. L’indice qui était à son plus haut niveau depuis le printemps 2011 devrait poursuivre son mouvement ascendant.

Mardi 25 Mars

Au Royaume-Uni, il faudra suivre es résultats de l’inflation de février. En janvier, l’inflation était passée sous la cible d’inflation de 2% de la Banque d’Angleterre (à 1,9%, après 2% en décembre 2013). Ce mouvement de recul a du se poursuivre en en février.

En Allemagne, l’indice IFO de mars donnera une bonne indication de la tendance de ce premier trimestre. A 111,3 en février, l'indice du climat des affaires de l'enquête IFO a atteint le niveau le plus élevé depuis juillet 2011. Il est attendu stable pour mars.

En France, il faudra également suivre les enquêtes de l’INSEE sur le climat des affaires pour mars. Ils sont attendus en légère hausse.

Mercredi 26 Mars 2014

Aux Etats-Unis, il faudra suivre les résultats des biens  durables de février qui devraient ressortir en hausse grâce à l’aéronautique. Il faudra regarder également la publication de l’indicateur PMI.

Jeudi 27 mars

Pour la zone euro, il sera utile pour déterminer les risques de déflation d’étudier l’évolution de la masse monétaire M3 et les flux de crédits au secteur privé.

Vendredi 28 Mars

Au Japon, il faudra regarder les prix à la consommation qui devraient ressortir en hausse en raison de la forte demande en anticipation de l’augmentation de la TVA de 3 points au 1er avril.

Toujours au Japon, il faudra consulter le rapport de l'emploi de février où des tensions sont fortes du fait de la demande de vendeurs avant la hausse de la TVA. Le taux de chômage devrait rester à 3,7%. Enfin, pour en terminer avec l’Empire du Soleil Levant, l’enquête sur le revenu et les dépenses des ménages sera présentée ce vendredi. Les dépenses de ménages pourraient avoir progressé de 1% m/m en février. En particulier les achats d'appareils électriques sont stimulés par une demande de dernière minute avant la hausse de TVA en avril.

Pour la zone euro sera connu l’indice du climat économique de mars avec une amélioration possible.

En France sera surveillé le résultat des dépenses de consommation des ménages en biens pour février. Les dépenses de consommation des ménages en biens devraient repartir à la hausse  en février, corrigeant, en partie, leur recul de 2,1% m/m en janvier dû à la chute des dépenses d'énergie (effet de l'hiver doux) et des achats automobiles (contrecoup des changements de fiscalité). 





La semaine économique est une publication réalisée par Lorello Eco Data, société d’études et de stratégies économiques dirigée par Philippe Crevel.

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