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samedi 12 avril 2014

La semaine économique vue par Philippe Crevel


La semaine économique est réalisée par Philippe Crevel et n'engage que l'auteur


Le coin des Epargnants

Mauvaise semaine pour les actionnaires avec un recul de la bourse de Paris. A 4365 points, le CAC 40 en retraite de 2,65 %. Depuis le début du mois, la hausse n’est plus que de 0,37 %. Depuis le 1er janvier, le CAC 40 a gagné 1,63 %.

La bourse de Paris a pâti de la chute du Nasdaq aux Etats-Unis. Les investisseurs révisent leurs jugements sur les valeurs de la netéconomie qui connaissaient depuis plus d’un an des trajectoires proches de celles qui étaient enregistrées durant la première bulle Internet.

Retour en grâce de la Grèce

La Grèce est de retour sur les marchés financiers. Le pays a émis pour 3 milliards d’euros d’obligations souveraines à 5 ans, titres portant un coupon de 4,95% ce qui compte tenu de son niveau de croissance est très élevé. Néanmoins, cette émission apparait comme une victoire pour un pays qui était sorti du marché il y a 4 ans. A l’époque, le taux avait dépassé 6 %. Entre temps, le PIB du pays a été amputé de 25 %. La Grèce espère sortir réellement de la récession en 2014. Le retour sur le marché marque l’intérêt des investisseurs pour les dettes périphériques ; ils sont convaincus que la solidarité européenne a été renforcée suffisamment pour prendre le risque de prêter à un Etat encore très fragile. Il ne faut pas négliger le fait que la dette publique grecque dépasse 175 % du PIB.

La guerre des taux n’est pas engagée

La FED ne devrait pas relever ses taux avant la fin de l’année 2015 d quoi calmer les anticipations et apaiser les pays émergents qui craignaient une fuite de capitaux.  En zone euro, l’inflation ne redécolle toujours pas ce qui conduit de plus en plus d’experts de faire pression sur la BCE afin qu’elle intervienne. Pour le moment, la BCE plie mais ne rompt pas en admettant qu’elle suit la situation de près tout en maintenant sa politique monétaire prudente.

La guerre de mouvement en France et en Italie est lancée

Concomitamment en France et en Italie, les gouvernements respectifs ont décidé de briser quelques tabous et de miser sur la guerre de mouvement pour enrayer tout à la fois une spirale de déclin et une crise politique plus ou moins larvée.

De ce côté des Alpes, un nouveau Premier Ministre né dans les années 60 ; de l’autre côté des Alpes, un nouveau Président du Conseil né au milieu des années soixante-dix, la rupture est nette dans les discours. Il faudra voir la traduction dans les actes.

Pour la France, Manuel Valls confirme le tournant en faveur de la politique d’offre qui avait été annoncée par le Président de la République fin décembre et au mois de janvier.

Le nouveau Gouvernement fait le pari de la baisse des charges et de celui du retour si attendu de la croissance. Si le programme de Manuel Valls est appliqué, la France dans 3 ans aura une autre allure que celle d’aujourd’hui : moins de régions, des départements mangés par le bas, les agglomérations de communes et par le haut avec les grandes régions, des collectivités locales devant chercher des ressources par elles-mêmes, des hôpitaux obligés de se repenser pour dégager des économies, des prestations sociales ciblées sur les publics en réelle difficulté… A un moment donné, le programme suppose le retour de la croissance pour donner de l’oxygène. Cette croissance est indispensable car les mesures annoncées ne sont pas toutes financées en l’état actuel.

Le programme du Premier Ministre Valls

2014 : 12 milliards d’euros pour le  CICE

Été 2014 : collectif budgétaire avec recalage du déficit
Loi sur la transition énergétique ; 2ème loi de décentralisation (avec la suppression de la clause de compétence générale)

50 mesures de simplification de règles et de normes existantes en faveur du logement

1er janvier 2015 : 4,5 milliards d’allègement des cotisations patronales à l’URSSAF entre 1 et 1,6 SMIC (zéro charges au niveau du SMIC soit un gain de 188 euros par mois) ; allègement des cotisations salariales entre 1 et 1,3 SMIC

2015 : baisse de plus de 3 points des cotisations famille des travailleurs indépendants et artisans (1 milliard d’euros)

Le CICE est porté à 20 milliards d’euros

A partir de 2015 : suppression, en 3 ans de la Contribution Sociale de Solidarité des Sociétés (gain de  5,5 milliards d’euros dont 1 milliard au titre de 2015)

Au 1er janvier 2016 : baisse de 1,8 point des cotisations famille pour tous les salaires jusque 3,5 SMIC soit un gain de 4,5 milliards d’euros

2016 : suppression de la surtaxe de 10,7% sur l’IS (EUR 2,5 milliards)

2017 : début de baisse de l’IS ; EUR 5 milliards d’allègements fiscaux cumulés en faveur des plus modestes  division par 2 du nombre de régions

Au 1er janvier 2018 : nouvelle carte intercommunale

2020 : baisse de 33,33% à 28% du taux normal de l’IS (gain de 6 milliards d’euros ; le taux moyen est de 25% en Europe)

2021 : suppression des conseils départementaux

Le financement de ce programme reste encore assez incertain. Après quelques tergiversations, Manuel Valls s’est prononcé pour le respect des engagements de la France, mais sans plus de précision. Le nouveau gouvernement n’a pas donné de nouvelles prévisions pour le déficit budgétaire qui reste prévu à 3,6% du PIB en 2014 et 2,8% en 2015 (sur la base d’une croissance de 0,9% et 2%, respectivement). Or, il faut intégrer la dérive de 2013 avec un déficit de 4,3 contre 4,1 % initialement prévu et le fait que la Commission européenne considère qu’en l’état actuel des choses, le déficit français serait de 4 % en 2014 et de 3,9 % en 2015.

Manuel Valls a annoncé un collectif budgétaire pour le début de l’été. Une négociation est en cours avec la Commission pour obtenir un nouveau délai pour revenir sous les 3% de déficit budgétaire. Le calendrier pourrait jouer en faveur de la France car le Parlement européen et la Commission européenne seront renouvelés à la fin du mois de juin.

Les annonces du Premier Ministre dans le cadre de son discours de politique générale porte devraient générer un manque à gagner de 25 milliards d’euros sachant que toute exonération de charges doit être compensée par l’Etat aux régimes sociaux.

Le Premier Ministre a simplement précisé la clef de répartition du plan de 50 milliards d’euros d’économies : 19 milliards pour l’État et ses opérateurs, 10 milliards pour l’assurance maladie, 10 milliards pour les collectivités locales et le solde proviendra d’une redéfinition du champ des prestations sociales.

Comme son homologue italien, Manuel Valls a annoncé une réforme institutionnelle avec une division par deux du nombre de régions d’ici à 2017, la suppression des conseils départementaux à l’horizon 2021).

Côté Italie, l'autre guerre de mouvement 

L’Italie se languit d’une croissance faible avec un objectif en 2014 de 0,8 %. Néanmoins, sa situation budgétaire est meilleure que celle de la France avec un excédent primaire (le budget est en excédentaire avant paiement des intérêts de la dette ce qui n’est pas le cas de la France). Tout compris, le déficit public devrait être de 2,6 % en 2014 et de 1,8 % en 2015.

Matteo Renzi a lancé un plan assez ambitieux comportant des mesures institutionnelles et des mesures économiques. S’il a critiqué un temps la Commission de Bruxelles, il n’entend pas mener une démarche commune avec la France pour un assouplissement des règles budgétaires.

Au niveau institutionnel, il a promis une nouvelle loi électorale et la disparition des provinces qui étaient un échelon intermédiaire entre les communautés de communes et les régions.

Sur le plan économique, il a annoncé la réduction du « coin fiscal » avec un allégement de l'Irpef (l'impôt sur le revenu des personnes physiques) pour 10 millions de salariés à partir du 1er mai : 6,6 milliards d'euros en 2014 et 10 milliards d'euros en année pleine.

Il a également promis la diminution de la taxe professionnelle (Irap) : 5 % en 2014 et 10 % en 2015
Par ailleurs, il a demandé l’encadrement des rémunérations des dirigeants du secteur public, dont le plafond annuel est aligné sur l'indemnité du Président de la république ce qui génèrerait une économique de  400 millions d'euros d'économies

Il a également annoncé des économies sur les programmes d'acquisitions des administrations pour un milliard d'euros en 2014

Il compte récupérer 2 milliards d’euros dans le cadre du plan de rapatriement des capitaux de l'étranger à travers la « voluntary disclosure » :

Enfin, un plan de privatisations (ENI, Terna, Fincantieri…) sur 2015-2017 : devrait rapporter 12 milliards d'euros par an (0,7 % du PIB).

A suivre next week…

Lundi 14 avril

Aux Etats-Unis, seront publiés les résultats des ventes de détail pour le mois de mars. Une augmentation de 0,7 % est attendue compte tenu de la fin des intempéries.

Pour la zone euro sera connue la production industrielle du mois de février avec logiquement un résultat en hausse

En Italie, sera connu l’indice des prix à la consommation du mois de mars. Les prix ont dû augmenter de 0,1 % portant l’indice annuel à 0,3 %.

Sera également connue la production industrielle de la zone euro pour le mois de février. Le résultat devrait ressortir en légère hausse de 0,2 % compensant la baisse de janvier. Sur une base annuelle, la hausse serait de 1,7 %.

Au Royaume-Uni seront publiés les résultats des ventes de détail qui devraient avoir progressé en mars de 0,5 %.

Mardi 15 avril

Aux Etats-Unis, sera connu l’indice des prix à la consommation du mois de mars. Une hausse est attendue à 1,4 % contre 1,1 % en février du fait de l’augmentation des prix alimentaires  mais l’inflation sous-jacente resterait inchangée (1,6 %).

Au Royaume-Uni, le taux d’inflation du mois de mars sera publié avec un repli attendu.

Il faudra suivre les enquêtes ZEW sur la situation économique en Allemagne avec une amélioration attendue. De même sera publié l’indice ZEW sur le sentiment économique en zone euro. Toujours pour l’Europe seront connus les résultats de la balance commerciale de février dont le solde devrait avoir progressé ce qui devrait encore favoriser l’appréciation de l’euro.

Mercredi 16 avril

Au Royaume-Uni, seront rendues publiques les statistiques sur l’emploi avec une amélioration attendue.

Au Japon sera publié le résultat de la production industrielle du mois de mars qui devrait être en baisse.
Au niveau européen, il faudra suivre les résultats de la balance commerciale italienne de février et l’indice des prix à la consommation de la zone euro pour le mois de mars. Le taux d’inflation devrait se maintenir à un niveau très bas (0,5 à 0,6 %).

Jeudi 17 avril

Seront publiés les résultats du compte courant de la zone euro et l’indice des prix à la production en Allemagne.

La semaine économique est une publication réalisée par Lorello Eco Data, société d’études et de stratégies économiques dirigée par Philippe Crevel.
Téléphone : 01 45 00 37 37 / 06 88 87 16 59
Mail : pcrevel@gmail.com
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samedi 16 novembre 2013

La semaine économique et financière

Le Coin des Epargnants

La semaine a été marquée par l’annonce officielle de la création de deux nouveaux contrats d’assurance-vie, l’euro-croissance et le contrat « succession ». Le premier est destiné à orienter l’épargne vers les entreprises, le second à favoriser le financement du logement, de l’économie sociale et solidaire, les PME ou les entreprises de taille intermédiaire.

L’euro-croissance est un contrat multisupports avec un fonds euros dont la garantie en capital s’exprimera à terme permettant une allocation plus dynamique et devant fournir un rendement supérieur.

 Pour inciter les épargnants à transférer l’épargne de leurs anciens contrats sur les nouveaux contrats euro-croissance, le Gouvernement octroie l’antériorité fiscale ; les nouveaux contrats bénéficieront de l’ancienneté des contrats classiques ouverts précédemment. Ainsi, un épargnant qui a ouvert son contrat il y a quatre ans et qui décide de le transférer sur un nouveau contrat euro-croissance, n’aura à attendre que quatre ans pour obtenir le meilleur régime fiscal en matière de prélèvement libératoire au titre de l’impôt sur le revenu et non huit.

Le contrat « succession » est un contrat en unités de compte sans garantie en capital. Pour favoriser son développement, le Gouvernement propose un abattement de 20 % sur les droits de succession, abattement qui sera imputé avant celui de 152 500 euros.

Malheureusement, le Gouvernement  a décidé de relever le taux d’imposition de 25 à 31, 5 % des droits de succession pour la fraction de la part taxable de chaque bénéficiaire excédant  902 838 euros.

Le CAC 40 a gagné sur la semaine 0,75 %, porté par les propos de la future responsable de la Fed, Janet Yellen. Devant le Sénat, elle a indiqué que la politique des injections de liquidité, même si elle n’était pas éternelle, devrait se poursuivre tant que le chômage restait à un haut niveau.

Le CAC 40 a terminé la semaine à 4 292 points. Le CAC a augmenté de 17,66 % depuis le début de l’année.
Les autres grandes places mondiales ont également enregistré de très bons résultats. Francfort a atteint un nouveau record à 9.168,69. Il en est de même avec Wall Street. Le Dow Jones s’élève à plus de 15900 points et le Nasdaq est proche des 4000 points.

France, toujours au cœur du typhon

La croissance française a été aux abonnées absentes au 3ème trimestre avec un recul du PIB de 0,1 %. La zone euro a connu une toute petite croissance de 0,1 % ; l’Allemagne faisant +0,3 %.
Si un rapport de l’OCDE a souligné que la France devait faire face à une inquiétante perte de compétitivité, la Commission européenne a validé le projet de budget 2014 malgré un déficit de 3,6 % du PIB. La Commission n’a certainement pas voulu ouvrir un front avec le deuxième pays de l’Union européenne à quelques mois des élections européennes du mois de juin 2014. En outre, une mise sous pression de la France sous la forme d’une critique du budget aurait généré des turbulences financières assez dangereuses. De ce fait, le verdict de la Commission est assez logique.
Pour la fin d’année, un léger mieux conjoncturel est attendu avec une croissance devant se situer entre 0,2 et 0,3 % en ce qui concerne le dernier trimestre. Pour 2014, une légère reprise devrait intervenir avec une croissance pouvant se situer entre 0,7 et 0,9 % ce qui sera insuffisant pour permettre un reflux réel et non administré du chômage.

L’Allemagne seule face aux autres

L’Allemagne, toujours dans l’attente de son nouveau Gouvernement doit faire face à la montée des critiques extérieures.

Les Etats-Unis ont dès le mois d’octobre dénoncé « le rythme anémique de la croissance de la demande intérieure » en Allemagne et la dépendance du pays vis à-vis des exportations.
 Le FMI, à travers son premier directeur général adjoint, David Lipton, en visite à Berlin avait demandé à l’Allemagne de se fixer un objectif de réduction de son excédent courant.
 Cette semaine, ce fut le tour de la Commission européenne d’annoncer le lancement d’une « enquête approfondie » sur les excédents courants allemands afin de déterminer s’ils constituent un déséquilibre structurel.

 Cette enquête fait partie des prérogatives européennes, fixées dans le cadre du « Six-Pack » et pourrait déboucher sur une procédure pour « excédent excessif » nécessitant l’adoption de mesures correctrices, consistant par exemple à stimuler la demande intérieure. Pour Berlin, la bonne santé de l’économie allemande exprime avant tout la compétitivité de l’outil productif, les excédents courants n’étant qu’une conséquence. Somme toute, ce n’est qu’à la fin du Semestre européen, fin juin de l’année prochaine, et à l’issue de larges discussions que Bruxelles adoptera éventuellement une procédure à l’encontre de l’Allemagne.

A suivre…

La semaine prochaine sera plus pauvre en annonce économique en particulier en ce qui concerne la France. A noter, lundi, un sommet franco-italien où la France essaiera de jouer l’axe Paris-Rome face à Berlin.

Lundi 18 novembre

Anniversaire de l’auteur de ce papier,

Mardi 19 novembre, à Bruxelles, sera publié le résultat pour le mois d’octobre des immatriculations automobiles en Europe.

Mercredi 20 octobre, à Washington sera publié le Compte-rendu du FOMC des 29-30 octobre derniers.
Toujours aux Etats-Unis, seront connues les ventes de détail pour le mois d’octobre avec un recul attendu de 0,1% m/m, généré par un repli des ventes d'automobiles et de carburants. Hors ces deux éléments (ainsi que les matériaux de construction), les ventes auront ralenti en octobre, à +0,2%.
Toujours pour les Etats-Unis sera communiqué le résultat de l’inflation du mois d’octobre. Une nouvelle décélération de l'inflation est attendue en octobre, avec un glissement annuel des prix à la consommation limité à 1%. L'indice sous-jacent garderait une tendance stable mais faible à +1,7%.
Au Japon, sera publié le résultat du commerce international pour octobre. Les exportations devraient remonter en octobre soutenues par le renforcement du cycle manufacturier mondial. En raison d’une correction à la baisse des importations après les gains de septembre, le déficit commercial (cvs) pourrait avoir diminué.

Jeudi 21 novembre 2013

Pour la zone euro seront rendues publiques les enquêtes PMI de novembre. En octobre, le rythme de la reprise s’est modéré, l’indice PMI composite d’activité s’inscrivant en baisse de 0,3 point à 51,9. Une stabilisation est possible en novembre. L’indice demeurerait cohérent avec une croissance du PIB de l’ordre de 0,2 à 0,3% t/t au T4.
Une réunion de la BCE est prévue le 21 novembre mais aucune décision n’est attendue.

Vendredi 22 novembre, pour l’Allemagne, le résultat affiné du PIB pour le 3ème trimestre sera 
communiqué. La première estimation est ressortie à 0,3 % 


Toujours en Allemagne, sera communiquée l’enquête IFO de novembre. Pour octobre, l'enquête IFO a légèrement baissé pour la première fois en six mois. En novembre, elle devrait avoir effacé ce repli, confirmant qu'il s'agissait plus d'une pause dans l'amélioration que d'un retournement de tendance.