Affichage des articles dont le libellé est finances. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est finances. Afficher tous les articles

samedi 4 janvier 2014

La semaine économique et financière vue par l’œil du Cercle

Le Coin des Epargnants

Le CAC 40 a progressé de 17,99 % en 2013 et a flirté avec les 4300 points. Elle a terminé la première semaine de l’année avec une petite baisse de 0,70 %. Dans un marché, assez calme, les investisseurs ont à la fois engrangé quelques bénéfices et ont été un peu inquiété par les incertitudes chinoises et les prévisions pessimistes sur l’industrie française.

Si les deux précédentes années avaient été marquées par le relèvement du plafond du Livret A, 2014 a débuté avec le relèvement du plafond du PEA à 150 000 euros. L’année verra l’arrivée de deux nouveaux contrats d’assurance-vie orientée « actions », l’euro-croissance et le contrat Génération.

Le temps des vœux présidentiels

François Hollande a à l’occasion de ses vœux du 31 décembre tracé quelques lignes pour son action dans les prochains mois. Il a notamment admis que « les impôts sont devenus lourds, trop lourds, à force de s’accumuler depuis de nombreuses années.

Il a promis la création d’un « pacte de responsabilité aux entreprises fondé sur un principe simple : moins de charges sur le travail, moins de contraintes sur leurs activités et, en contrepartie, plus d’embauches et plus de dialogue social ».

Il a souligné qu’il entend réduire la dépense publique. « Nous devons faire des économies partout où elles sont possibles. Et j'ai la certitude que nous pouvons faire mieux en dépensant moins. Cela vaut pour l’Etat, qui doit se concentrer sur ses missions essentielles, mais aussi pour les collectivités locales, qui doivent voir leurs compétences clarifiées ; et pour la sécurité sociale, qui est notre bien le plus précieux, qui doit en terminer avec les excès - nous les connaissons - et les abus ». Il a précisé que « nous devons dépenser moins pour réduire notre déficit mais aussi pour pouvoir, à terme, baisser les impôts. C’est là le sens de la réforme fiscale que nous avons engagée ».

Espagne, retour de l’enfer

 En Espagne, pour la première fois depuis 2006, le chômage a reculé en 2013 avec une diminution de 147 385 demandeurs d'emploi. Au mois de décembre, la baisse atteint 107 570  par rapport au mois précédent.

 Le nombre de demandeurs d’emploi reste néanmoins à un niveau. Environ 4,7 millions de personnes sont à la recherche d'un emploi. Au troisième trimestre 2013, le taux de chômage établi par l'Institut national de la statistique s'établissait à 25,98%.

L’Espagne a renoué avec la croissance au 3ème trimestre avec un petit gain de 0,1 %. Les résultats du commerce extérieur sont redevenus positifs. La compétitivité de l’économie espagnole s’est améliorée par les baisses des salaires et par les réformes concernant le marché du travail.

Chine, inquiétudes relatives

Avec le ralentissement de la croissance, quelques tensions financières renaissent en Chine. L’endettement du système bancaire et des collectivités locales ne supportent pas la baisse de l’activité.
Néanmoins, un atterrissage brutal n’est pas à l’ordre du jour. Le taux de croissance devrait se situer autour de 7 %.

La Chine doit digérer sa forte croissance des décennies précédentes et passé à un modèle de consommation en lieu et place d’un système économique axé sur les exportations industrielles.
La Chine doit faire face en Asie même à des concurrents coriaces tant au niveau du haut de gamme qu’au niveau des gammes moyennes. La Corée du Sud devrait enregistrer des bons résultats du fait de ses liens avec les Etats-Unis. La Malaisie, l'Indonésie ou l'Inde devraient connaître une expansion plus dynamique en 2014 avec un taux de croissance de plus de 6%.

Japon, le plus dur est à venir !

L’année 2014 risque d’être compliquée pour le Japon. En 2013, l’Abenomics a permis une augmentation de la demande et de la bourse. En 2014, les Japonais vont devoir supporter une forte hausse de la TVA qui va passer de 5 à 8%.

Le Premier Ministre a tenté d’éviter cette hausse mais elle est devenue incontournable afin de financer le système de retraite japonais et la politique de relance par les travaux publics. Les dépenses sociales progressent très rapidement du fait du vieillissement de la population. En 2013, le Japon a vu sa population diminuer de 244.000 habitants.
Le Japon va devoir se résigner à recourir à l’immigration.  Le sujet est sensible car le doublement de la population étrangère à 2,2 millions de personnes au cours de ces vingt dernières années a entraîné des crispations dans l’archipel. La population immigrée ne représente que  2% de la population totale. Par comparaison, les immigrés représentent environ 11% de la population en France 
Le Premier Ministre veut ouvrir  le marché japonais aux investisseurs étrangers mais il y a aussi des résistances sur ce sujet.

A suivre, next week

Lundi 6 janvier, il faudra regarder la publication des indicateurs avancés, le PMI Markit services du mois de décembre au Japon et le PMI Markit services toujours de décembre pour la Chine mais aussi celui de Washington. De même, seront publiés à Berlin, l’indice PMI Markit services et le taux d’inflation de décembre.
Aux Etats-Unis, il faudra regarder les commandes à l'industrie du mois de novembre.

Lundi, la Direction du Trésor français réalisera sa première adjudication. Du fait du retour en flamme des Etats d’Europe du Sud, une augmentation des taux sur les titres français pourrait intervenir en ce début d’année 2014.

Mardi 7 décembre sera publié le nombre de demandeurs d'emploi et le taux de chômage à Berlin. A Bruxelles, le taux d’inflation de la zone euro sera publié pour le mois de décembre.
A Washington sera communiquée la balance commerciale de novembre
En France, sera publiée l’enquête de conjoncture auprès des ménages du mois de décembre

Mercredi 8 janvier seront publiées  la balance commerciale de novembre et les commandes à l'industrie de novembre pour l’Allemagne. A Bruxelles, seront rendus publics les ventes au détail zone euro et le taux de chômage zone euro pour le mois de novembre.
A Washington sera communiqué les résultats du crédit à la consommation de novembre

Jeudi 9 janvier, seront communiqués les indices  du climat des affaires et du sentiment économique de la  zone euro du mois de décembre. A Berlin sera connue la production industrielle de mois de novembre. A Londres, il faudra suivre les résultats de la balance commerciale de novembre et la décision de politique monétaire.

En France, il faudra suivre les résultats du commerce extérieur pour le mois de novembre.

A Francfort, il faudra suivre le Conseil des gouverneurs de la BCE qui pourrait être amené à prendre des décisions sur les taux.

Aux Etats-Unis, seront communiqués les résultats des inscriptions au chômage pour la première semaine.

Vendredi, il faudra regarder la production industrielle de novembre pour la France. Elle est attendue en baisse. Il faudra également suivre la production industrielle du Royaume-Uni. De même, il faudra prendre en compte les résultats de l’emploi pour le mois de décembre aux Etats-Unis et les stocks et ventes des grossistes / novembre

samedi 28 décembre 2013

La semaine économique et financière

52ème lettre économique et financière du Cercle pour l'année 2013. Bonne Fin d'Année à tous et à vendredi prochain pour la première lettre de l'année 2014 .

Le coin des épargnants 

La semaine aura été marquée par la poursuite de la décollecte du Livret A et du LDD qui néanmoins termineront l'année avec un solde très positif autour de 18 milliards d'euros. L'assurance-vie a confirmé qu'elle résiste bien sans pour autant faire des étincelles avec une collecte nette positive de 600 millions d'euros au mois de novembre. Depuis le début de l'année, la collecte s'élève à 12 milliards d'euros.
De son côté, le CAC 40 a progressé de 3,68 % en une semaine. La perte sur un mois est limitée à 1,41 %. 
Depuis le 1er janvier, la hausse est désormais de 15,86 %.

Le CAC 40 a terminé à 4 277 points revenant autour de la barre symbolique des 4 300 points toujours pas franchie. Les bourses ont été dopées par les résultats américains et par les déclarations de la FED de la semaine dernière.

France, chômage le débat empoisonné, la baisse de la hausse ou la hausse de la baisse ?

130 000 emplois n'ont pas trouvé preneurs selon une étude commandée par le MEDEF et de l'autre, le chômage frappe plus de 10,5 % de la population active française. Au mois de novembre, le taux de chômage a progressé de 0,5 % malgré 100 000 contrats d'avenir et au total plus de 400 000 emplois aidés. Le Gouvernement a communiqué sur l’inversion de la courbe du chômage en raisonnant sur une moyenne glissante. Certes, depuis plus de quatre mois, le chômage des jeunes recule quand celui des seniors augmente. Certes, l’emploi non-marchand  progresse quand le secteur marchand continue à diminuer. Il y a certes une inflexion dans le rythme des destructions mais la situation demeure toujours critique. Avec une croissance quasi nulle en 2013 et une croissance qui devrait se situer autour de 1 % en 2014, les espoirs de réellement réduire le chômage sont faibles. Le Président de la République comptera sur la reprise économique de la zone euro et des Etats-Unis pour doper une croissance française anémique et espérer améliorer la situation de l’emploi. La France attendra beaucoup de l’extérieur mais la limite à ce pari provient du niveau extrêmement bas du taux de marge des entreprises français qui limite d’autant leurs capacités de rebond.

Europe, la zone euro passe à 18 et la Grèce préside l’Union européenne

Au 1er janvier, la zone euro accueille la Lettonie qui devient le 18ème Etat membre. Cette intégration intervient avec près de 6 ans de retard. La Lettonie a réussi à régler ses problèmes de finances publiques.

La Lettonie fait, aujourd’hui, figure de bon élève de la zone euro avec  une hausse annuelle de son PIB de plus de 5% en 2011 et 2012. En 2013, la hausse devrait être de 4 %. Le taux d’inflation devrait se situer autour de 0,3 % cette année. Le taux de chômage est en recul. Il est passé de 13% au premier trimestre 2013  à 11,8% au troisième trimestre. Il pourrait revenir à 10 % et être ainsi dans la moyenne de la zone euro au cours de l’année 2014.  Certains secteurs font état de pénurie de main d’œuvre qualifiée, même si le rythme de progression des salaires en général (+4,5 à 5%) paraît en ligne  avec les gains de productivité, d’où une stabilité des coûts unitaires de main d’œuvre.

Le déficit des administrations publiques devrait atteindre  1,3% en 2013, soit le même niveau  que celui de 2012. En 2010 le déficit public de la Lettonie était de 8,1%. Pour 2014, le déficit devrait se situer autour de 0,9 % du PIB. La dette publique s’élève à 42,5% du PIB en 2013, contre 9% avant 2008. Les banques lettones respectent les conditions fixées par la BCE en matière de ratio de solvabilité.

La Lettonie est avant tout un pays de services qui représentent 70 % de son PIB contre 26 % pour l’industrie et 4 % pour l’agriculture.

La Lettonie suit l’Estonie qui a intégré la zone euro en 2011. La Lituanie qui n’avait pas été retenue en 2007 pourrait en 2014 représenter sa candidature à la zone euro.

Japon, l'Abenomics, un an après… 

L’Abenomics est née un 26 décembre 2012. Un an plus tard, le bilan est mitigé. Quand Shinzo Abe reprend le pouvoir, l’économie japonaise est à l’arrêt. Il décide alors une politique de relance qui repose sur une politique d’expansion monétaire. Il prend le parti de faire baisser le yen afin d’améliorer la compétitivité chancelante des produits japonais. Il fixe, par ailleurs, un objectif de retour de l’inflation à 2 % pour mettre un terme à la déflation. Il met en œuvre un plan de soutien dans le bâtiment et les infrastructures. Ce plan de soutien porte sur 110 milliards d’euros. Pour 2014, il poursuit ce soutien à l’activité avec une hausse de 3,5 % des dépenses du budget.

Le taux de croissance s’est amélioré repassant au-dessus de 1 % au premier semestre 2013. L’inflation évolue désormais entre 1 et 1,5 %. En revanche, la dette publique dépasse 250 % du PIB. Certes, elle est toujours possédée à 90 % par les résidents japonais. Par ailleurs, l’investissement et la production industrielle ont du mal à repartir. La montée du coût de l’énergie importée pénalise la production japonaise.

En 2014, plusieurs écueils pourraient mettre un terme à la relance. Ainsi, Shinzo Abe a prévu d’augmenter la TVA de 5 points pour réduire le déficit. Cette mesure devrait rapporter 60 milliards d’euros. Cette mesure dope avant son entrée la consommation mais devrait avoir un effet récessionniste certain au début de l’année 2014.

L’engagement de réformes structurelles en particulier au niveau du marché du travail. Le travail féminin et l’immigration pourraient être encouragés même si les conservatismes et le nationalisme demeurent puissants au pays du soleil levant.

Il faut noter qu’après des années de stagnation et de repli, la bourse de Tokyo a augmenté de plus de 55 % en un an soit son meilleur résultat en 40 ans. 

Etats-Unis, comment éviter la sortie de route

La croissance américaine est bien de retour après de longs mois d'attente et cela malgré la crise budgétaire qui a gangréné l'année 2013. Au 3ème trimestre, le taux de croissance a atteint en rythme annuel 4,1 %. Les commandes de biens durables ont augmenté de 3,5 % au mois de novembre. La consommation des ménages progresse de 0,5 % soit sa plus forte hausse depuis 5 mois. Le nombre de voitures vendues est au plus haut depuis 2007. Ces résultats sont liés à la hausse des revenus des ménages de 0,2 % au mois dernier. Le taux d'épargne a baissé et se situe désormais à 4,2 % preuve que les Américains ont repris le chemin des magasins qu'ils soient réels ou virtuels. Le retour de la confiance se traduit par un important mouvement de reconstitution des stocks qui explique 1,7 point de la croissance du troisième trimestre. 

En 2014, l’économie américaine devra commencer à se passer progressivement du dopage monétaire. Après le teasing de l’été 2012 qui avait entraîné une remontée des taux et une baisse des places boursières, la FED a décidé d’opérer en douceur pour éviter tout choc obligataire. Par ailleurs, l’accord budgétaire semble donner un peu d’air à l’administration fédérale. Pour savoir si la croissance est bien de retour, il faudra suivre avec attention l’investissement des entreprises dans les prochains mois.

Chine, cela aurait pu être pire

Le taux de croissance de la Chine devrait se situer pour 2013 autour de 7,6 % et non 7,5 % comme le Gouvernement l'avait un temps estimé. Le repli par rapport à 2012 est faible ; en effet, le taux avait été de 7,7 % l'année dernière. 

A suivre, next week 

Lundi 30 janvier, il faudra suivre les promesses de vente immobilières du mois de novembre aux Etats-Unis.

Mardi, il faudra regarder l’indice des prix immobiliers S&P/Case-Shiller du mois d’octobre et l’indice PMI de Chicago du mois de décembre. Il sera intéressant d’étudier le niveau de confiance du consommateur de décembre.

Mercredi 1er janvier 2014, changement de direction au sein de l’Union européenne. C’est au tour de la Grèce de prendre la présidence du Conseil européen pour six mois

Toujours 1er janvier, la Lettonie intègre la zone euro et devient le 18ème Etat.

Jeudi, devra être analysé l’indice PMI Markit manufacturier du mois de décembre de la Chine.

A Berlin, il faudra suivre l’indice PMI Markit manufacturier du mois de décembre ainsi que celui de la zone euro qui sera publié à Londres.

Aux Etats-Unis, il faudra suivre les inscriptions au chômage de la semaine au 28 décembre. Seront également publiés les dépenses de construction du mois de novembre et l’indice ISM manufacturier de décembre.

Vendredi 3 janvier seront publiées aux Etats-Unis les ventes automobiles de décembre

samedi 7 décembre 2013

La semaine économique et financière vue par l'oeil du Cercle

Le Coin des Epargnants

Changement de climat, l’hiver est arrivé d’un coup. La bourse de Paris a reculé de 4,71 %. Depuis le début de l’année, la hausse est encore de 12,6 % et sur un an, elle atteint 14,19 %.

Les bourses s’inquiètent des bons résultats économiques américains avec notamment la création de plus de 200 000 emplois au mois de novembre. Les investisseurs sont nerveux du fait d’une possible réduction des injections de liquidités par la FED. Une remontée des taux inquiète l’ensemble de la sphère financière. Cette prise de conscience avec des prises de bénéfices avant la fin d’année a entraîné le repli de cette semaine. La barre des 4300 points d’éloigne un peu plus, le CAC terminant la semaine à 4 129 points.

Les investisseurs se montreront assez nerveux jusqu’à la réunion de la FED des 18 et 19 décembre prochains. Il apparaît clairement que nous entrons dans une période d’instabilité plus forte avec une amplitude plus importante des variations à la hausse et à la baisse en fonction des indices et des rumeurs de changement de cap monétaire.  

France, une panne de croissance plus longue que prévue

Les inquiétudes commencent à poindre sur la capacité, dans les prochains mois, de rebondir. Le moral des chefs d’entreprise est à nouveau orienté à la baisse et les premiers résultats du troisième trimestre, en particulier, en matière de consommation ne sont pas très bons. De ce fait, l’espoir d’avoir un taux de croissance trimestrielle de l’ordre de 0,4 % s’estompe avec comme conséquence que l’objectif de croissance annuelle de 0,9 % sera plus difficilement à atteindre en 2014. Certes, les prix de l’énergie continuent à refluer améliorant d’autant le pouvoir d’achat des ménages et les la fin d’année, surtout en période de crise, est un moment de consommation et d’oubli du quotidien. Il n’en demeure pas moins que le nombre important de faillites pèse sur les capacités de rebond de l’économie française. L’incapacité de regagner des parts de marché à l’exportation constitue un frein à la reprise. Par ailleurs, le serrage budgétaire sera d’autant plus fort en 2014 que la croissance extérieure sera faible. François Hollande a fait le pari d’une reprise mondiale pour passer le cap de 2014 et réduire le déficit de 0,5 point ce qui constitue un défi majeur en France.

La BCE sauvera-t-elle l’Europe en 2014

La BCE a entre ses mains l’avenir de la zone euro. Du fait de l’absence de leadership politique, des divisions entre les grands Etats et l’absence de vision à moyen terme, il revient à la banque centrale de tracer la route et d’éviter les écueils. L’année 2014 sera marquée, en outre, par les élections européennes. De ce fait, la Commission dont le pouvoir s’étiole depuis une dizaine d’années sera aux abonnés absents.

En 2014, la BCE devra éviter la déflation, régler avec les Etats membres la soudure de la dette grecque, éviter une augmentation des taux par ricochet d’une éventuelle réduction des injections américaines de liquidité et le cas échéant faire face à une crise sociale dont l’un des pays. Elle devra permettre aux banques de se mettre en conformité avec la réglementation prudentielle. Le taux d’inflation semble se maintenir naturellement au-dessous de la cible des 2 %. Les hausses de TVA intervenues en Europe n’ont pas eu de réelles incidences. Le crédit aux entreprises reste orienté à la baisse.
Pour améliorer l’efficacité de la politique, la BCE dispose de plusieurs armes.

La BCE pourrait lancer un nouveau programme de liquidités qui pourrait être conditionné à une distribution de crédits au PME. La BCE pourrait aussi baisser le montant es réserves obligatoires que les banques doivent constituer. Le taux pourrait passer de 1 à 0,5 % ce qui permettrait de libérer 50 milliards d’euros. Elle pourrait abaisser une nouvelle fois les taux directeurs mais à 0,25 % il ne reste plus guère de marge. Elle pourrait également acheter des titres souverains via l’OMT mais cela signifierait que les Allemands soient d’accord et cela ne serait envisageable que si la crise était profonde. La BCE pourrait également acheter des titres privés pour venir en aide aux banques. Enfin, la BCE pourrait faire preuve de transparence pour mieux guider les anticipations du marché. La publication des Minutes des réunions ou de comptes rendus plus complets est assez probable.

L’Ukraine, une crise également économique

L’Ukraine est à la recherche d’un second souffle. Après quelques années de belle croissance, le pays accumule des revers avec l’apparition d’un déficit de la balance des paiements courants et une stagnation alarmante. Le PIB devrait diminuer de 0,3 % 2013. Pour 2014, certains experts entrevoient une contraction de 3 % du PIB. Elle serait plus probablement comprise entre -0,8 et + 1,5 % en fonction de l’évolution de la situation politique.

Le pouvoir est d’autant plus tenté d’aller voir du côté russe que c’est son penchant naturel mais également du fait que les caisses sont vides. Il y a plus d’argent à récupérer chez Poutine que chez des Européens affaiblis et divisés. Néanmoins, cette tendance a pour limite que l’Ukraine n’a pas oublié le traitement que la Russie lui a infligé  avant et après la chute du rideau de fer, avant, c’était l’exploitation en coupe réglée et après c’était le maintien d’une tutelle par le gaz ou le pétrole. Les oligarques ukrainiens ne sont pas tous pro-russes car par définition ils ont autant d’intérêts à l’ouest qu’à l’est. Ils ne souhaitent en aucun cas l’alignement de leur pays sur la Russie qui pourrait mettre en danger leur indépendance financière. 

Derrière cette crise, il y a un des rapports de force à plusieurs étages, à l’intérieur de l’Ukraine et également entre la Russie et l’Union européenne. Il y aussi pour le pouvoir ukrainien l’idée de marchander son positionnement dans une période économique un peu délicate.

Brésil, les jeux et du pain

Le PIB brésilien s'est contracté de 0,48% en volume au troisième trimestre. Ce mauvais résultat s’explique par une moindre progression de l’investissement qui, bien qu'en progression de 7,5% a/a, recule de 2,2% par rapport au deuxième trimestre. Les échanges extérieurs jouent contre la croissance : les exportations reculent de 1,4% t/t (+3,5% a/a), et de seulement 0,1% (+14,2% a/a) pour les importations. Pour 2014, la prévision de croissance est ramenée à 1,8 % avec un déficit de la balance des paiements courants qui devrait se situer entre 3,5 et 4% du PIB.

Face à cette dégradation, il est fort à parier que le Gouvernement essaiera de gagner du temps afin de passer le cap du Mondial de football voire celui des Jeux Olympiques. Le Brésil durant trois ans sera au cœur de l’actualité et doit prouver au monde que la situation économique et sociale est sous contrôle. Il y a un risque de dérapage budgétaire et un risque de progression des prix qui sera entretenu tant par les décisions du Gouvernement que par l’impact des jeux. Les prochaines années seront tendues pour le Brésil comme pour une grande partie du continent sud-américain.

Etats-Unis, le retour du patron ?

La croissance au 3ème trimestre a été revue à la hausse avec un taux de 3,6 %. Si la consommation des ménages reste assez atone, il n’en demeure pas moins que l’écart avec la zone euro est flagrant. Le taux de croissance a été de 0,9 % au 3ème trimestre contre 0,1 % en zone euro. Sur l’année, la croissance américaine devrait être de 1,7 % contre -0,4 % pour la zone euro. Les profits des entreprises américaines ont progressé de 6 % par rapport à 2012. En revanche, les inégalités de revenus constituent le point faible car elles continuent à progresser.

203 000 emplois ont été créés en novembre quand 180 000 étaient attendus. Il y a sur ce front une petite embellie.

Néanmoins, plusieurs indicateurs montrent que l’économie pourrait accélérer. Ainsi, l’enquête menée par l’ISM auprès des directeurs d’achats dans le secteur manufacturier américain démontre une amélioration réelle de la confiance des industriels. L’indice composite a enregistré six mois consécutifs de progression, passant de 49,0 en mai à 57,3 en novembre.
Le retour de la croissance intervient au moment où par définition, la politique budgétaire est restrictive. Sur les exercices budgétaires 2014 et 2015, l’effet est restrictif, puisque le CBO projette (à législation inchangée) une réduction de 2,1 points de PIB du déficit structurel.

L’accélération de la croissance américaine repose sur les exportations et l’investissement des entreprises.
Même si les exportations jouent encore un rôle marginal dans la construction de la croissance, il faut noter que la compétitivité externe est en forte amélioration. Le secteur manufacturier a enregistré une hausse de 14% de la productivité du travail en cinq ans conduisant à une réduction des coûts unitaires de production de 5%, alors que depuis le début de 2009, le taux de change effectif du dollar a reculé de 13%. 

Ces facteurs placent les Etats-Unis en position de profiter d’une reprise mondiale, mais encore faut-il que celle-ci s’amorce. Un optimisme modéré est possible, avec le retour à la croissance en Europe et un rebond en Asie du Nord. Et d’ailleurs, les données pour le mois d’octobre confirment, avec une forte accélération des volumes exportés (+8,4% en glissement annuel, après une moyenne de 2,5% sur les trois mois précédents).

Les projets d’investissement à six mois du secteur manufacturier sont en hausse, avec un indice composite (que nous construisons sur la base des données d’enquêtes) à 54,3 sur les trois derniers mois. Un tel niveau est compatible avec une forte accélération des dépenses réelles en équipements et logiciels aux alentours de 10% en glissement annuel (contre une moyenne de 2,5% sur les neuf premiers mois de l’année).

A suivre, next week…

Lundi 9 décembre,

A Paris, il faudra regarder l’enquête de conjoncture de la Banque de France pour novembre.
Seront également publiés les résultats de l’activité et conditions d'emploi de la main-d'œuvre du 3ème trimestre.

L’OCDE présentera ses indicateurs avancés de pour décembre
Il faudra suivre en Chine le taux d’inflation du mois de novembre.

A Berlin sera publié les résultats de la balance commerciale du mois d’octobre ainsi que la production industrielle de ce même mois.

Il ne sera pas inutile de regarder si la Grèce commence à sortir de la récession avec la publication du PIB du troisième trimestre.

Mardi 10 décembre ; à Pékin, seront publiés la production industrielle, les ventes au détail et l’investissement en zones urbaines pour le mois de novembre.

A Londres, seront communiqués les résultats de la production industrielle du mois d’’octobre et de  la balance commerciale

En France, il faudra regarder l’indice de la production industrielle du mois d’octobre pour se faire une idée sur la tendance du dernier trimestre.

A Bruxelles se tiendra une réunion des ministres de l’Economie et des Finances l'Ecofin.

Aux Etats-Unis seront connus les résultats des stocks et ventes des grossistes pour le mois d’octobre ainsi que le niveau du solde budgétaire à fin novembre.

Mercredi 11 décembre sera publié le taux d’inflation (définitif) pour  novembre

Jeudi 12 décembre, il faudra suivre les résultats de la production industrielle de la zone euro pour octobre

En France, sera communiqué le taux d’inflation de novembre. En octobre, le taux s’était abaissé à 0,6 %. Une légère remontée est envisagée autour de 0,7 %.

Aux Etats-Unis, il sera utile de regarder les résultats des inscriptions au chômage de la semaine au 7 décembre. Plusieurs indices seront publiés dont  les prix import/export pour novembre, les ventes au détail pour novembre et les stocks des entreprises pour octobre.

Vendredi 13 octobre, pensez à jouer au Loto ou en bourse et sinon les prix à la production américains de novembre seront publiés. 

En France, le résultat des créations d’entreprises de novembre  sera communiqué.